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IA Personal branding Écriture

ChatGPT a écrit mon personal branding. Onze mois après, voici le diff.

· 3 min de lecture

En juillet 2025, un mois avant de construire ce site, j’ai fait l’exercice classique avec ChatGPT : définir ma marque personnelle. Questionnaire complet — mission, valeurs, passions — puis génération d’une signature, d’une ligne éditoriale et d’un exemple d’article.

Onze mois plus tard, le site existe, le brandbook aussi. J’ai ressorti le document d’origine et j’ai fait le diff.

Ce que ChatGPT avait produit

Une signature : « Décoder ce qui nous entoure pour mieux comprendre, créer et transmettre. »

Une ligne éditoriale en quatre piliers (IA, méthodologie, transmission, posture). Un template d’article avec la consigne de « toujours conclure par une ouverture — une question, une application possible ou un doute volontairement laissé en suspens ». Et un exemple d’article complet, balisé d’emojis 🔹 et de 👉, qui commençait par :

Transmettre une idée, ce n’est pas juste la partager. C’est la rendre compréhensible, actionnable, et parfois mémorable.

Sur le moment, j’étais content. Ça ressemblait à du personal branding. C’était exactement le problème.

Ce qui a survécu : tout le fond

Le questionnaire, lui, a tenu. Onze mois après :

  • La mission « Transmettre. Partager. Découvrir » est devenue la première ligne de mon manifesto : « Je conçois des expériences d’apprentissage et je les construis. »
  • Les trois valeurs identifiées (connaissance, innovation, compétition/risque) sont devenues les trois activités du site : ingénierie pédagogique, consulting IA, studio de jeux.
  • Le multipotentialisme, que je décrivais à l’époque comme un truc à justifier, est devenu l’architecture même du site. Je ne l’explique plus, je l’expose.

Pourquoi ça a tenu ? Parce que ce n’est pas ChatGPT qui l’a produit. Le fond venait de mes réponses au questionnaire. L’IA a structuré, elle n’a rien inventé.

Ce qui est mort : toute la forme

La signature n’a jamais été utilisée. Nulle part. Pas une page, pas une bio, pas un post. Elle a été remplacée par « Le sens avant l’outil » — quatre mots trouvés en écrivant le manifesto, pas en brainstormant des taglines.

Quant au ton, l’exemple d’article de 2025 viole aujourd’hui à peu près chaque règle de ma section Voix & ton :

2025 (ChatGPT)2026 (brandbook)
« Toujours conclure par une ouverture »Pas de cliffhanger
« Un doute volontairement laissé en suspens »Sujet + verbe + preuve
Emojis structurants 🔹👉✍️Zéro emoji décoratif
« L’IA, un partenaire cognitif »Montrer le travail, sauter l’histoire

La lecture honnête

ChatGPT a bien fait le travail de collecte et mal fait le travail d’écriture. C’est logique. Le fond venait de moi : un questionnaire bien mené, c’est une séance de coaching gratuite. La forme venait de la moyenne des posts LinkedIn de 2025 — et écrire comme la moyenne, c’est le contraire d’une marque.

L’autre leçon : une voix ne se génère pas, elle se soustrait. Il m’a fallu onze mois de publications pour savoir ce que je n’écris pas. Aucun modèle ne pouvait me le donner en juillet 2025, parce que ça n’existait pas encore.

Si vous faites l’exercice avec une IA : gardez les réponses au questionnaire, jetez la prose.

Le template de 2025 recommandait de « toujours conclure par une ouverture ». Celui-ci se termine par un point.

Photo de Pierre Touzet

Pierre Touzet

Ingénieur pédagogique & Innovation digitale

15 ans entre IT, pédagogie et innovation digitale. Responsable national des programmes, créateur de Gradly, DPO certifié CNIL.

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